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L'île d'Idjwi sur le lac Kivu

Qui aujourd’hui pour entendre le cri d'Idjwi?

Idjwi, 310km² de paix au cœur du lac Kivu, à deux heures de bateau de Bukavu où de rares touristes avertis viennent gouter à la quiétude des lieux lointains, bien loin de l’agitation du continent.  L’horizon, découpé par les collines et montagnes, laisse entr’apercevoir le lac en pointillé.

Et, si la paix règne partout sur ce carré de terre émergé des eaux, elle est la conséquence de l’enclavement et de la souffrance de ce peuple oublié de tous. Déclarée “hors zone d’intervention”, les humanitaires – si présents à l’Est du Congo- lui tournent le dos pour concentrer leur action sur le continent.

Mais qui pour entendre le cri d’Idjwi ?

Ce sont surtout les femmes qui payent un lourd tribu...

Deux peuples vivent sur l’île. Les Bantoues élèvent et cultivent (quinquinoa et les célèbres ananas) tandis que les Pygmées, minorité sévèrement réprimée, vivent de la cueillette et de la chasse peuplant une forêt largement décimée suite aux vagues successives de réfugiés rwandais forçant ces derniers à s’établir dans une vie et des coutumes qui ne sont pas les leurs. Ces bouleversements provoquent méfiance mutuelle et vengeance, parfois, sur l’île.

De part et d’autre il y a des des actes de violence. Ici pas d’homme en uniforme mais un fléau caché, moins spectaculaire sans doute… Le sang des femmes Pygmées par suite d'un viol est considéré être un remède contre diverses maladies. Les femmes bantoues sont victimes d'abus à cause de la cohabitation difficile et de l’incompréhension mutuelle. Des femmes Bantoues, des Pygmées... Des femmes qui souffrent en silence… abandonnées. La loi coutumière se montre souvent trop laxiste envers certains agresseurs.