
Soutien aux femmes vulnérables : renforcer leurs capacités à développer des activités génératrices de revenus
Nous travaillons dans le Sud Kivu, une province à l'est de la RDC . Ile de 380.000 habitants, la population vit généralement dans la grande précarité (moins de 1$/jour/personne). La région est connue pour ses magnifiques lacs, ses volcans et ses montagnes, ses cultures commerciales de grande valeur telles que le café et bien sûr sa richesse en minéraux, notamment l'or, l'étain, le coltan et le tungstène. Les principales villes de Bukavu et Goma comptent chacune près de 2 millions d'habitants. La région dans son ensemble approche les 20 millions d'habitants. Sa taille et son potentiel de richesse, ainsi que sa proximité avec l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi voisins, signifient que le Kivu est d'une importance stratégique pour la RDC et la région au sens large.
Les première et deuxième guerres congolaises étaient centrées au Kivu, entraînant la mort de millions de personnes, et l'insécurité se poursuit jusqu’aujourd'hui. Il n'y a pratiquement pas d'électricité, les chemins de terre sont souvent impraticables et les soins de santé pour la plupart sont inabordables.
Nous pensons que l'entrepreneuriat , les activités génératrices de revenus dans les groupes de femmes solidaires peuvent jouer un rôle clé pour briser les cycles systémiques de la pauvreté et de l'insécurité. Mais ce secteur est rendu plus difficile par les lourdes taxes et les formalités administratives et le manque de fabrication locale qui a ouvert la porte à un flot d'importations bon marché. Malgré tout, nous assistons à la croissance d'une communauté de femmes entrepreneurs qui veulent jouer un rôle actif pour changer l'avenir de leur famille, de leur communauté et de leur pays dans son ensemble. Notre travail est une réponse directe à leur besoin de soutien.
A l'origine, 90% des denrées alimentaires venaient du Rwanda ou de Goma et Bukavu. Ces femmes ont pu développer de nouvelles cultures maraîchères et créer une nouvelle dynamique participative et communautaire...
Janvier 2023: Une enquête menée par le PRONANUT (Programme national de nutrition ) avec l'accompagnement de la coopération suisse a été menée début d'année. Tous les indicateurs démontrent une malnutrition sévère chez de nombreux enfants et femmes enceintes et femmes allaitantes.
MMS accompagne les groupes des mamans à Idjwi dans la réalisation de leurs activités permettant l’autonomie socio-économique, et la réinsertion socio-professionnelle des femmes vulnérables (porteuses de handicap notamment).
François et Jean Baptiste, tous deux évaluateurs depuis 2 ans, jouent un rôle clé dans la réussite des programmes d'AGR menés par les groupes solidaires .

Ils s’assurent que les propositions d'Activités génératrices de revenus soient pertinentes, viables et adaptées aux besoins du groupe des mamans. Ils suggèrent aux mamans de diversifier au maximum les activités, tenant compte du nombre des groupes et de la situation géographique (si le groupe mène des actions près du lac, il optera pour la pêche par exemple, ou la vente de denrées par bateau).
Les évaluateurs jouent un rôle essentiel dans les programmes AGR. Leur principale responsabilité est d'évaluer la faisabilité et la viabilité des propositions soumises par les participants de chacun des groupes solidaires. Ils accompagnent les mamans en fournissant des conseils et un soutien technique. Ensemble, ils estiment les coûts et les revenus, et identifient les marchés potentiels.
Les évaluateurs suivent 1 fois par mois chaque groupe et évaluent les progrès des participants dans la mise en œuvre de leurs AGR. Parfois, ils fournissent un soutien supplémentaire pour des groupes récents et les aident à résoudre les problèmes rencontrés.


Autrefois, j’avais honte de les exposer. Les quelques aubergines que j’avais, je les vendais dans un carton, parfois même dans un sachet en plastique. Mais aujourd’hui je me suis installée sur une échoppe au marché du village et 2 fois par semaine je sors vendre mes légumes.
En plus, j’ai pu intégrer un groupe de femmes engagées dans un groupe solidaire. Nous cotisons par mois. Ces fonds permettent à nous les femmes, d’avoir plus d’autonomie dans la famille et dans le village.
La majorité des femmes est analphabète. L’objectif principal de ces ateliers est d’offrir aux bénéficiaires des connaissances susceptibles de renforcer leurs capacités de gestion et d’interaction dans la conduite d’une activité génératrice de revenus.
Au-delà des connaissances,
reprendre confiance en soi...
Entre femmes, nous nous retrouvons de temps en temps pour échanger et partager nos connaissances. Je participe aussi à des cours d’apprentissage et de formation en gestion et comptabilité.
Depuis que j’ai commencé à avoir quelques revenus j’ai constaté qu’il y a la joie et la gaieté dans ma famille. Les nombreuses disputes entre les femmes et moi ont beaucoup diminué, il y a le bonheur dans la famille. J’ai cinq de mes enfants qui sont scolarisés et je peux dire que c’est grâce à ce soutien qu’ils sont toujours à l’école, sinon je les aurais enlevés par manque de moyen pour qu’ils m’aident dans mes travaux.
et progresser !
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Les bénéficiaires sont mieux informés et s’approprient le projet
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Ils adoptent un comportement et une démarche entrepreneuriales.
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Partant des potentialités locales, ils mettent en place des activités qui génèrent des revenus pérennes et équitables dans le cadre d’un projet de solidarité.
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Ils peuvent mieux vérifier l’existence des débouchés.
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Les bénéficiaires mettent en place des fiches de suivi de trésorerie et acquièrent des connaissances sur le suivi de la production et des fiches de stock.
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Ils savent différencier le chiffre d’affaire d’un bénéfice

Les bénéfices de mon petit commerce, c’est toute la famille qui en profite, car le bénéfice me permet d’acheter un peu de poisson.
